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Pascale Chollet : « Le vélo électrique ouvre les portes de l'itinérance »

 

À 65 ans, Pascale Chollet est une adepte convaincue du vélo à assistance électrique. Après plusieurs voyages en Suisse, en Italie ou jusqu'à Strasbourg, elle vient de traverser les Alpes avec son amie Marie Marchand-Arvier en empruntant une grande partie de la Route des Grandes Alpes. Pour elle, le vélo électrique ne remplace pas le vélo musculaire : il permet simplement de vivre autrement le plaisir de voyager, de découvrir les montagnes… et de prendre son temps.

 

Pascale Chollet en voyage à vélo sur la Route des Grandes Alpes

Le vélo fait partie de votre vie depuis toujours ?

Oui, pratiquement. J'ai eu mon premier vélo vers 4 ou 5 ans. À l'époque, c'était notre moyen de transport pour aller à l'école. J'ai grandi à Roanne, dans la Loire, et j'ai toujours roulé. Plus tard, lorsque j'ai vécu au Canada puis en Écosse, j'utilisais également le vélo pour mes déplacements quotidiens, notamment lorsque j'enseignais.

Comment êtes-vous passée au vélo de route ?

Quand je suis arrivée à Albertville, en 1989, j'ai acheté un vélo de course d'occasion... beaucoup trop grand pour moi ! Je me souviens avoir essayé de monter vers Beaufort. Au bout de quelques centaines de mètres, je me suis arrêtée et je suis redescendue. Je me suis dit qu'il fallait déjà commencer par acheter un vélo à ma taille !

Pascale Chollet à vélo dans les Alpes

Les cols sont venus progressivement. J'ai roulé dans le Beaufortain, gravi le Cormet de Roselend, les Saisies, le col du Pré, la Madeleine ou le Glandon. Je n'étais pas une grande grimpeuse, mais j’adorais ces sorties.

Le vélo électrique a changé votre pratique ?

Oui, il y a une dizaine d'années. Cela a complètement changé ma pratique. J'aime dire que c'est « le plaisir avec un effort qui me convient ». On fournit un vrai effort, mais on ne se met jamais dans le rouge. C'est une pratique basée sur l'endurance, qui permet de profiter pleinement des paysages.

 

Comment avez-vous découvert le vélo itinérant ?

Curieusement, au Canada, et en vélo musculaire ! J'y ai réalisé un premier voyage de près de 700 kilomètres en six jours, entre Montréal et le Nouveau Brunswick, puis un second de Montréal à Mont-Tremblant. J'ai immédiatement aimé cette façon de voyager.

Ensuite, en France, j'ai retrouvé cette pratique avec Marie Marchand-Arvier. Nous nous connaissons depuis une dizaine d'années. Nous avons commencé par voyager ensemble en Suisse, puis jusqu'à Strasbourg, avant de partir en Italie. La Route des Grandes Alpes est venue naturellement ensuite.

Qu'est-ce qui vous plaît dans le voyage à vélo ?

Le dépaysement. Chaque journée est différente. On traverse des paysages magnifiques, on prend le temps de les regarder et on avance à son rythme. C'est une manière de voyager qui procure un vrai sentiment de liberté.

Voyage à vélo électrique dans les Alpes

La Route des Grandes Alpes en VAE : difficile ?

Honnêtement, non. Les étapes étaient longues, parfois plus de 150 kilomètres, mais je ne les ai jamais vécues comme une souffrance. Au bout d'un moment, on trouve son rythme. On entre presque dans une forme de routine où tout devient naturel.

Bien sûr, il reste les petites douleurs du cycliste : les fesses, les poignets, les doigts... Mais ce ne sont pas les jambes qui souffrent le plus !

Vous étiez chargée ?

Mon vélo, chargé avec les bagages, dépassait les vingt kilos. Pour le déplacer ou le mettre sur béquille, il faut un peu d'organisation !

J'avais emporté trois batteries par précaution. Avec le recul, deux auraient largement suffi. Je ne connaissais pas ces grands cols et je préférais partir avec une bonne marge d'autonomie.

Pascale Chollet et son vélo électrique pendant sa traversée des Alpes

Votre moteur Bosch : quel retour d'expérience ?

Je le trouve extrêmement fiable. Je n'ai jamais connu la moindre panne en plusieurs milliers de kilomètres. L'autonomie varie un peu selon les températures, mais je lui fais totalement confiance. C'est un équipement très rassurant lorsque l'on part plusieurs jours.

 

Vos plus beaux souvenirs sur la Route des Grandes Alpes ?

J'ai aimé chaque journée. Si je devais retenir trois cols, je choisirais la Bonette, l'Izoard et le Galibier. Les paysages y sont extraordinaires.

Le seul moment un peu difficile a été le retour vers le nord, de Saint-Raphaël en direction de Valence. Nous avons roulé plusieurs jours avec un vent de face quasiment permanent. Ce n'était pas insurmontable, mais beaucoup moins agréable que la traversée des Alpes.

Pascale Chollet sur les routes des grands cols alpins

Encore des préjugés sur le vélo à assistance électrique ?

Beaucoup moins qu'avant. Au début, j'entendais parfois des remarques du genre : « Ce n'est pas du vrai vélo » ou « C'est trop facile ». Aujourd'hui, cela devient rare.

Je pense que les gens comprennent que ce n'est pas la même pratique. Le vélo électrique est un sport à part entière. Il permet de découvrir des itinéraires magnifiques sans rechercher la performance. C'est une formidable invitation au voyage !

Le VAE favorise l'itinérance ?

Sans aucun doute. Il permet à beaucoup plus de personnes de partir plusieurs jours, de franchir de grands cols et de partager ces aventures. J'ai d'ailleurs croisé plusieurs couples où Madame roulait à vélo électrique pendant que Monsieur était en vélo musculaire. Chacun trouve son rythme et tout le monde profite du même voyage.

VAE et vélo musculaire : comment rouliez-vous ensemble ?

Très simplement. Dans les montées, je prenais un peu d'avance grâce à l'assistance, mais je l'attendais régulièrement. En descente, c'était souvent elle qui disparaissait devant : son passé de skieuse se voit tout de suite ! Sur le plat, en revanche, c'était parfois un peu frustrant pour moi, avec le bridage à 25 km/h.

Mais cela ne pose jamais de problème. Nous savons que nous nous retrouverons quelques kilomètres plus loin. Chacune respecte le rythme de l'autre.

Pascale Chollet à vélo à Vars sur la Route des Grandes Alpes

Qu'est-ce que le voyage à vélo vous apporte ?

Ils m'apprennent à ralentir. Au bout de quelques jours, on oublie complètement la notion de vitesse ou de rendement. On profite simplement du paysage, des rencontres et du plaisir d'avancer.

Pour moi, c'est certainement la plus belle richesse du vélo itinérant. On revient fatigué physiquement, mais reposé mentalement.