Elles-ils ont traversé les Alpes et elles-ils racontent...
Ludovic, peux-tu te présenter ?
Je m'appelle Ludovic Garbit, je suis enseignant dans le petit village de Juvigny en Haute-Savoie. J'habite à Saint-Cergues non loin du départ de la Route des Grandes Alpes® à Thonon. Je suis passionné de sport, de montagne et de photographie.
Pourquoi une traversée itinérante des Alpes ?
Après quelques années de cyclisme à arpenter les cols autour de chez moi, j'ai eu envie de relier mes différentes passions. C'est pourquoi j'ai décidé de relever ce défi en alliant la performance et le plaisir de prendre des photos sur ses routes plus belles les unes que les autres.
Quel itinéraire as-tu emprunté et pourquoi ?
Je suis parti de la maison, à coté de Thonon les bains pour rejoindre Nice via les cols de la RGA® et Menton.
J'ai découpé mon itinéraire en 8 étapes:
- J1 : Saint-Cergues - La Giettaz - 94 km et 2200 m de D+
- J2 : La Giettaz - Villaroger (Sainte-Foy Tarentaise) - 92 km et 2500 m de D+
- J3 : Villaroger - Aussois - 90 km et 2500m de D+
- J4 : Aussois - Briançon - 96 km et 2400m de D+
- J5 : Briançon - Barcelonnette - 100 km et 2700m de D+
- J6 : Barcelonnette - Beuil - 85 km et 2500 m de D+
- J7 : Beuil - Col de Turini - 83 km et 2700 m de D+
- J8 : Col de Turini - Nice via Menton : 103 km et 2000 m de D+
La dernière étape devait être plus courte mais un changement d'itinéraire m'a contraint à allonger la dernière étape. J'ai essayé de faire les principaux cols et de passer par les endroits qui m’intéressaient pour les photos ce qui m'a fait faire quelques petits détours. Au final j'ai fait environ 750km pour un peu plus de 17000m de dénivelé.
Comment as-tu organisé ton voyage ?
J'ai choisi de m'organiser tout seul et de partir seul pour vivre pleinement cette expérience. Désormais j'aimerais refaire cette "balade" en la partageant avec des amis.
En ce qui concerne les bagages, tout était sur le vélo pendant les 4 premiers jours. J'étais équipé de 3 sacoches (vêtements, réparation et drone) ainsi que d'un petit sac à dos pour emporter un peu plus d'eau avec moi. À partir de Briançon ma compagne m'a suivie en voiture et a pu m'alléger un petit peu.
Pour la nourriture, je m'arrêtais dans les boulangeries (je salive encore en pensant aux cookies de Barcelonnette ou à la tarte aux myrtilles d'Aussois). J'avais sur moi quelques pâtes de fruits mais je n'en ai quasiment pas eu besoin. 3 mois avant de partir, j'ai été suivi par un nutritionniste du sport qui m'a aidé à me préparer. Je n'ai eu qu'un seul coup de mou sur tout le parcours.
J'ai choisi mes hébergements bien en avance (hôtel, gîte, auberges) et j'ai tout réservé des semaines en amont. Je ne suis pas du genre à partir sans savoir où j'allais dormir le soir !
Pour le transport je suis parti de la maison et rentré en voiture !
Ton meilleur et ton pire souvenir ?
Mon meilleur souvenir est le passage au barrage de Roselend. J'adore cet endroit qui est magnifique. L'arrivée à Menton est aussi très spéciale. Quand on arrive au bord de la mer, une émotion très spéciale nous envahit.
La joie se mêle à la fierté mais on est presque déçu que ce soit terminé ! Mon pire souvenir restera la canicule. Quelle baffe en redescendant les cols et en arrivant dans les vallées. Le contraste a été très brutal entre le Cormet de Roselend et l'arrivée à Bourg Saint-Maurice.
Je n'ai pas aimé également la montée du Télégraphe. on est tellement nombreux à emprunter cette route que l'on est dans les pots d'échappement des voitures qui montent et dans l'odeur de freins à l'agonie des campings-cars qui descendent. Heureusement le Galibier derrière est magique !
Ton tiercé des cols ?
Le Cormet de Roselend depuis le col de Méraillet. Que c'est beau!!!! Le lac, les montagnes, les cloches des vaches, le ciel bleu! C'est magique!
L'Izoard et le passage par la Casse déserte restera un grand moment. Quelle impression d'être minuscule à coté de cet environnement minéral grandiose. Ce col m'aura permis également d'exercer mon anglais quand je me suis arrêté pour dépanner des cyclistes étrangers qui avaient cassés leur chaine. Tout le monde a pu grimper au sommet et c'était très sympa!
En troisième je mettrai le Col de la Cayolle au départ de Barcelonnette pour son côté tranquille et sauvage.
Une anecdote à partager ?
Après seulement 1km, ma chaine m'a joué des tours en se coinçant. J'ai réussi à la débloquer très vite mais dans le col de la Colombière j'ai senti qu'elle ne tournait pas bien rond, mes vitesses se changeaient toutes seules, ce qui n'est pas très agréable...
Après avoir basculé côté Grand-Bornand, je me suis arrêté chez un loueur de vélo qui a gentiment accepté de me dépanner. Il a vu que j'étais à deux doigts...enfin un maillon de casser ma chaine. Il a pu me la réparer et je n'ai plus eu le moindre soucis sur les 700 kms qui ont suivi.