GO GIRLS !

Avec Marie Marchand-Arvier sur la Route des Grandes Alpes !

 

Ancienne championne de ski alpin, aujourd'hui directrice de la communication du Département de la Savoie, Marie Marchand-Arvier a parcouru la Route des Grandes Alpes du 19 au 27 juillet 2026 avec son amie Pascale. Une aventure de huit jours en vélo musculaire pour elle, électrique pour sa complice, vécue autant comme une préparation sportive que comme une formidable parenthèse humaine.

Marie Marchand-Arvier sur la Route des Grandes Alpes à vélo

Pourquoi la Route des Grandes Alpes ?

Il n'y a pas eu de déclic particulier. Je pratique le vélo itinérant depuis plusieurs années et cette année, j'avais une dizaine de jours disponibles. En parallèle, je voulais préparer l'Étape du Tour Femmes. La Route des Grandes Alpes s'est imposée naturellement. J'habite au cœur des Alpes, je roule beaucoup en Savoie, mais j'avais envie d'aller découvrir d'autres cols, notamment toute la partie après Briançon que je connaissais surtout de réputation.

Le vélo a toujours fait partie de votre vie ?

Pendant ma carrière de skieuse de haut niveau (1), le vélo faisait partie intégrante de notre préparation physique. Puis, quand j'ai arrêté le ski en 2015, je n'ai plus voulu en entendre parler ! Mon vélo est resté plusieurs années au garage. Je l'ai ressorti il y a quatre ou cinq ans, presque par hasard. J'ai recommencé à rouler, j'y ai repris goût et, très vite, c'est devenu une passion. Aujourd'hui, le sport reste un besoin d'équilibre.

(1) Médaille d’argent au Championnat du Monde de Val d’Isère 2009, 5 podiums en Coupe du Monde

Du VAE au vélo musculaire

Oui. J'utilise un vélo électrique au quotidien, en ville et c'est aussi comme cela que j'ai découvert l'itinérance avec mon amie Pascale. Nous avons traversé la Suisse, rejoint Strasbourg depuis Albertville ou encore voyagé en Italie. Ces expériences m'ont donné envie de tenter la même aventure en vélo musculaire.

Marie Marchand-Arvier et Pascale pendant leur voyage à vélo
Voyage à vélo sur la Route des Grandes Alpes

Comment avez-vous préparé votre itinéraire ?

J'ai récupéré des traces GPX, mais surtout échangé avec des personnes qui avaient déjà réalisé le parcours. Les conseils de ceux qui connaissent vraiment l'itinéraire valent toutes les cartes. Ils permettent d'éviter certaines erreurs et de construire un voyage plus cohérent.

Quel parcours aviez-vous choisi ?

Nous sommes parties d'Albertville. La première étape nous a conduits jusqu'à Saint-Michel-de-Maurienne par la vallée, plutôt que de franchir la Madeleine. Le deuxième jour nous avons enchaîné le Télégraphe et le Galibier jusqu'à Briançon. Le troisième jour était le plus dur avec l'Izoard et le col de Vars pour une étape à Barcelonnette. Le quatrième jour, nous avons franchi la Bonette avant de rejoindre La Colmiane. Le cinquième et dernier jour n’était qu’une longue descente vers la mer et Saint-Raphaël, notre destination finale. Nous avons tellement apprécié le voyage que nous avons décidé de rentrer également à vélo, en passant par Gréoux-les-Bains, Vaison-la-Romaine puis Valence, où j'ai finalement repris le train. 1000 km de vélo au total !

La performance ? Pas l'objectif

Pas du tout. Je voulais rester réaliste. Les étapes représentaient cinq à six heures de selle, ce qui me permettait de profiter des paysages sans me mettre en difficulté. Au-delà de six heures, je sais que le plaisir commence à diminuer. J'aime l'effort, mais je tiens aussi à conserver une vraie dimension plaisir.

Quels souvenirs gardez-vous de cette traversée ?

Avant tout les montées de cols. Elles sont longues, exigeantes, mais incroyablement belles. Chaque sommet est une petite victoire. On rencontre aussi énormément de cyclistes venus de partout. Il y a une vraie convivialité. Au fond, ce n'est pas seulement un parcours sportif : c'est une aventure. Et puis le vélo itinérant demande aussi une organisation permanente. On pense à l'eau, aux repas, aux étapes, à la récupération. Finalement, les journées passent très vite.

Sur les cols de la Route des Grandes Alpes

Votre podium des cols ?

Je mettrais la Bonette en troisième position, le Galibier en deuxième et l'Izoard en premier. Il est moins fréquenté que le Galibier, les paysages sont magnifiques, les pourcentages restent réguliers et l'arrivée au sommet est superbe. Mais, venant du ski de vitesse, je dois reconnaître que la descente du Galibier procure un immense plaisir.

La météo ?

Nous avons eu beaucoup de chance. Nous sommes parties entre deux épisodes de canicule. Il faisait chaud dans les vallées, mais très agréable en altitude. Habitant en montagne, je suis habituée à ces variations de température, donc cela ne m'a jamais posé de problème.

Une anecdote qui résume le voyage ?

Au sommet du Télégraphe, un groupe de cyclistes allemands voulait se prendre en photo mais personne n'osait demander. Je leur ai proposé de les photographier, puis j'ai pris un selfie avec eux. Quelques jours plus tard, plusieurs d'entre eux m'ont retrouvée sur Instagram pour me remercier. Ce sont de toutes petites choses, mais c'est exactement ce que j'aime dans le vélo : des rencontres spontanées qui créent immédiatement du lien.

L'amitié à l'épreuve de l'itinérance ?

Au contraire, à condition de bien se connaître. Avec Pascale, nous savons quand l'une ou l'autre a besoin de calme ou d'un peu d'espace. Chacune connaît les moments de fatigue de l'autre. Cette complicité permet de traverser les journées sereinement et renforce notre amitié.

Marie Marchand-Arvier pendant son itinérance
Marie Marchand-Arvier et Pascale sur la Route des Grandes Alpes

Côté matériel : zéro incident ?

Parfaitement. Pas une seule crevaison, aucun incident mécanique. Pourtant, j'avais prévu largement de quoi réparer ! Je crois que j'avais emporté plus de chambres à air que de vêtements… Je voyage très léger : deux petites sacoches pour environ trois kilos de bagages. Une doudoune compacte, une tenue de rechange, un maillot de bain, une brosse à dents... et un « polar ». Pascale transportait trois batteries pour son VAE, mais deux batteries par jour ont largement suffi.

Qu'avez-vous appris sur vous-même ?

Que j'avais envie de recommencer !

Je réfléchis déjà à d'autres itinéraires. Si je devais refaire celui-ci, je privilégierais probablement un retour plus montagneux. Les trois journées de remontée avec le vent de face ont été les moins agréables du voyage.

J'aimerais aussi partager cette expérience avec d'autres personnes. Mais il faut trouver des partenaires qui aient les mêmes disponibilités, la même envie de voyager et la même philosophie.

Physiquement, comment avez-vous terminé cette traversée ?

Très bien, dans l'ensemble et bien préparée pour l’Étape du Tour. Les seules vraies douleurs ont été celles que connaissent tous les cyclistes au troisième jour ! Avec un peu plus de préparation spécifique avant le départ, j'aurais probablement gagné en confort.

Marie Marchand-Arvier à vélo dans les Alpes

Votre passé de descendeuse vous pousse-t-il à rechercher la vitesse à vélo ?

J'aime aller vite, c'est vrai. Mais je suis devenue beaucoup plus prudente, surtout avec des sacoches. J'ai déjà chuté en voulant prendre une photo en roulant et cela m'a servi de leçon.

Un dernier mot aux femmes qui hésitent à se lancer ?

J'ai été frappée par le très faible nombre de femmes rencontrées sur la Route des Grandes Alpes. Pourtant, elles ont toute leur place dans ce type d'aventure. Le vélo itinérant procure une incroyable sensation de liberté. Il permet de découvrir des paysages magnifiques, de faire de belles rencontres et de vraiment déconnecter. Ce n'est absolument pas un univers réservé aux hommes…

Personnellement, je n'ai jamais été confrontée à des comportements sexistes marquants sur le vélo. Les échanges avec les autres cyclistes sont très largement bienveillants. J'aimerais vraiment inciter davantage de femmes vivre ce genre d'aventure.