Aloïs, du Valais à Nice en 5 jours

Elles-ils ont traversé les Alpes et elles-ils racontent...

Aloïs, peux-tu te présenter ? 

Je m'appelle Aloïs Carretero, 48 ans au moment de ma traversée des Alpes… J’habite en Suisse à Savièse, en Valais, avec Cindy ma femme et nos deux filles. Je suis arrivé en Valais en 2001 pour raison professionnelle et me suis mis au vélo dès mon arrivée. Auparavant j'habitais dans le canton de Vaud et ne pratiquais pas du tout de vélo !
Au début je me suis mis au VTT et quand j'ai connu mon épouse et son papa, fervent pratiquant du vélo de route (env. 10000 km par année) je m'y suis mis aussi. Il faut dire que mes beaux-parents pratiquent énormément le vélo de route et depuis ce moment-là je roule également très souvent. 

Pour moi ce sport est un moment de liberté, d'aventure et de découverte, un moment rien que pour moi. Chaque année j'effectue un nouveau périple.
 

Qu'est-ce qui t’as motivé à te lancer dans un voyage à vélo dans les Alpes ?  

Mon objectif avant mes 50 ans était la traversée des Alpes, mais au départ de chez moi, pas de Thonon. 
Je suis donc parti depuis mon domicile de Savièse en direction du Grand-Saint-Bernard après Martigny. Mon challenge était de parcourir la Haute Route des Alpes en 5 jours ni plus ni moins avec un minimum de confort le soir après avoir pédalé toute la journée. 
Je suis parti le dimanche 17 juillet 2022 est arrivé le jeudi 21 juillet à Nice. J'ai parcouru 735 km pour +16000D+, soit une moyenne de 147 km par jour pour +3200 D+.

Quel itinéraire as-tu emprunté et pourquoi ?

Voici mes étapes :  

  • 1er jour : départ de Savièse en Suisse – Martigny – col du Grand-Saint-Bernard – Aoste – Petit Saint-Bernard – Bourg Saint Maurice = 192 km pour 3'800 +D. 
  • 2ème jour : Bourg Saint Maurice – Col de l’Iseran – Modane – Col du Télégraphe – Valloire = 141 km pour 3'200 +D. 
  • 3ème jour : Valloire – Col du Galibier – Col d’Izoard – Col de Vars – Barcelonnette = 155 km pour 3'600 +D. 
  • 4ème jour : Barcelonnette – Col de la Cayolle – Col de Valberg – Beuil = 84 km pour 2'100 +D. 
  • 5ème jour : Beuil – Col de la Couillole – Col de Colmiane – Col de Turini – Col de Castillon – Col d’Eze – NICE = 163 km pour 3'260 +D.
  • 6ème jour : retour en bus de Nice à Genève – Genève à Sion en train.

Comment as-tu organisé ton voyage ?

De façon très simple. Je me suis rendu chez un libraire de ma région et j'ai acheté la fameuse carte IGN Route des Grandes Alpes® avec son petit fascicule récapitulatif des km à faire par jour et ses coins découvertes à faire (visite et histoire de la région). 
Ensuite j'ai ouvert la carte et divisé le parcours en 5 étapes dont une plus courte que les autres afin de pouvoir récupérer un peu durant la semaine. 
Pour finir, j'ai établi sur une petite carte cartonnée un carnet de bord hebdomadaire (km et dénivelé à faire, le circuit du jour car pas de GPS, les choses intéressantes à voir lors de mes passages dans les régions).
Je suis parti avec une sacoche de selle 3kg et mon drapeau suisse que j'ai malheureusement perdu à mon retour en Suisse. J'ai pris le strict minimum avec une petite trousse médicale au besoin.

Tout a été bien calculé au niveau du matériel (cuissard et maillot de réserve, une veste pluie et un coupe-vent que je n'ai même pas utilisés car soleil toute la semaine avec des 34 à 36 degrés).
Pour l'hébergement, je me suis octroyé chaque soir un hôtel. Il était important pour moi d'avoir un bon lit pour bien dormir et récupérer après 145 km par jour. Je me voyais mal voyager avec une tente et tout son matériel. Le confort était appréciable le soir et surtout pouvoir discuter avec des personnes locales ou de l'hôtel.  
J'avais des barres sur moi pour m'alimenter après la montée d'un col. J'ai fait des pauses à midi, toujours trouvé un resto du coin et manger local. Le soir un bon repas également dans la région où je me trouvais avec un petit verre de rouge un ou bonne Bière blanche.
Pour le retour en Suisse, j'ai pris un car low cost de Nice à Genève et ensuite le train de Genève jusqu'à Sion.

Ton meilleur et ton pire souvenir ?

Le meilleur : Les beaux paysages visités et la sympathie des personnes locales. La bonne ambiance des cyclistes lors de mes arrivées aux cols.


Le pire : La chaleur étouffante lors de mes traversées dans certaines régions et la circulation lorsque j'arrivais dans les villes. Il fallait être très attentif.

Quel est ton tiercé des cols ?

Col d'Izoard : piste cyclable trop bien, depuis la sortie du village de Cervières ça commence à chauffer, mais bon ensuite un rentre dans une partie arborée où j'ai rencontré un valaisan qui habite à quelques km de chez moi !

Col de la Cayolle : belle et longue ascension, depuis Barcelonnette il faut compter 30 km pour atteindre le sommet du col. Montée pas trop dure d'après moi. Un superbe col nature où on peut entendre le cri des marmottes et en apercevoir tout en admirant le paysage. Très peu de voiture circulaient ce jour-là.

Col de Turini : montée assez exigeante de 15 km env.  Des beaux points de vue sur la mer et d'une tranquillité rare, j'ai croisé très peu de voiture, peut-être trois... 
Parfois à certains endroits on se croyait dans les années 70, par sa route et son décor. On n’attendait plus que le passage de Louis de Funès dans une vieille DS ou d'Alain Delon dans sa veille Renault Alpine...

Une anecdote ?

Arrivé à Barcelonnette à l'hôtel Azteca (hôtel que je recommande vivement, le personnel très sympathique, ancienne bâtisse totalement rénovée avec tout son confort)   il y avait un SPA au sous-sol. J'ai donc foncé me faire un massage des jambes et du dos. 
Le lendemain j'avais des jambes d'un jeune pro et je montais le col de la Cayolle sans problème !

Autre souvenir, le retour en Suisse, qui m'a pris 15 heures ! Un peu après Marseille, notre car est tombé en panne et cela a tout chamboulé mon programme de retour. Arrivé à la gare routière de Lyon j'ai dû courir avec mon cadre d'un côté et mes roues de l'autre côté et ma sacoche pour trouver le bon car qui allait m'amener à Genève. Ce jour-là j'aurai préféré de faire un +3'D !