Joris, peux-tu te présenter ?
Je suis Joris Lesueur, j’ai 50 ans, je suis marié et j’ai une fille et un garçon. J’habite près de Dijon, en Côte-d’Or et je pratique assidûment le vélo depuis 28 ans, tout en cherchant à grimper le plus souvent possible ! Créateur et animateur de alpes4ever.com, spécialiste des cols alpins, j’ai mis mes contenus et ma connaissance encyclopédique de l’itinéraire au service de routesdesgrandesalpes.com
Pourquoi une traversée itinérante des Alpes ?
À l’occasion de mes 50 ans, avec le concours de Lionel Terrail et Jean-Loup Tétard, associés et fondateurs de Grandes Itinérances SAS, j’ai décidé de me faire un beau cadeau : la mythique traversée de Route des Grandes Alpes®.
Après 28 ans à grimper de long en large une majeure partie des cols alpins, c’était l’occasion d’enchaîner toutes ces merveilleuses montées en un voyage unique. Un défi aussi : tester l’homme et le cycliste, avec l’accumulation d’un effort journalier sur près de 700 km / 15 000 m de D+, réparti sur 8 jours.
Quel itinéraire as-tu choisi ?
De Thonon-les-Bains à Menton, du samedi 30 juillet au samedi 6 août 2022, en 8 étapes :
- Thonon-les-Bains > La Clusaz : 89,5 km / D+ 1 983 m
- La Clusaz > Bourg-Saint-Maurice : 96,5 km / D+ 2 547 m
- Bourg-Saint-Maurice > Aussois : 100,7 km / D+ 2 502 m
- Aussois > Le Monêtier-les-Bains : 86,3 km / D+ 2078 m
- Le Monêtier-les-Bains > Jausiers : 94,5 km / D+ 1467 m
- Jausiers > Beuil : 92,9 km / D+ 2004 m
- Beuil > Roquebillière : 67,5 km / D+ 1323 m
- Roquebillière > Menton : 71,8 km / D+ 1396 m
TOTAL : 700 km / D+ 15 300 m
Quel est ton tiercé des cols et pourquoi ?
Col de la Cayolle : je l’avais déjà gravi en 2010 et j’en avais gardé un très beau souvenir… je n’ai à nouveau pas été déçu ! Le plus beau col de la traversée. Très long depuis Barcelonnette avec ses 30 km, ce “2000” se grimpe finalement très bien et on ne s’ennuie pas, car on change souvent de décors, le tout dans un environnement qui est resté extraordinairement naturel ! Et ce passage incroyable au Pont de la Cascade, accompagné par les sifflements des marmottes, heureuses habitantes de ce lieu magnifique…
Col du Galibier : mon 4eme passage ! Un must, car il faut aussi grimper le Col du Télégraphe en hors-d'œuvre. Lui aussi situé dans un environnement naturel, il en impose par son aspect très minéral et ses sommets environnants, comme les Rochers acérés de la Grande Paré, la face royale du Grand Galibier et la majestueuse Meije, dans la descente vers le Col du Lautaret.
Col de la Couillole : inédit pour moi. La montée depuis Beuil n’a été qu’une formalité, mais j’ai été fortement impressionné par la descente : une route incroyable qui plonge vertigineusement vers St-Sauveur-sur-Tinée ! Son décor typique des Alpes Maritimes, avec ses roches rouges, est sublime. Je suis admiratif du travail des hommes qui ont réalisé cette voie, il y a près de 60 ans ! J’en ai profité pour faire aussi un petit détour dans l’incroyable village de Roubion, accroché au flanc de la montagne.
Comment as-tu organisé ton voyage ?
J’ai choisi de voyager avec l’agence de voyage spécialisée Vélorizons. La prise en charge de l’hébergement, de la restauration et du transport des bagages m’a apporté assurément un confort idéal dans la gestion de mes belles journées d’effort ! Grâce à cette formule, j’ai pu me consacrer pleinement au vélo, aux ascensions et aux magnifiques décors alpins !
C’était aussi l’occasion de rouler en partie avec un groupe et de rencontrer d’autres cyclistes, passionnés par les cols alpins.
Mais avant cela, je me suis entraîné assez sérieusement avec 4500 km / 45 000 de D+, pour être “affûté” et surtout pour pouvoir encaisser la charge des efforts à enchaîner sur 8 jours d'affilée, ce qui était complètement inédit pour moi. J’avais en tête que je n’aurais aucun jour de repos et que je devais essayer de ne pas avoir de jours sans… mais cela ne m’a pas empêché d’en avoir un au final !
Quel est ton meilleur et ton pire souvenir ?
Le meilleur : le départ… cette sensation de partir dans l’inconnu, de se demander si je vais réussir, de sentir mon cœur battre un peu fort… puis de tourner tranquillement les jambes dans le Col de Jambaz, de voir les premiers sommets alpins, de me sentir à nouveau très heureux de revoir “mes” Alpes, la perspective de franchir de beaux cols et puis la résolution de profiter à fond de cette merveilleuse aventure !
Le pire : la canicule ! Je n’ai pas eu de chance lors de cette semaine, marquée par l’un des épisodes les plus chauds de cet été 2022. La chaleur a été fortement présente toute la semaine. À partir de 11h, la température atteignait déjà les 30 degrés ! C’est dans une espèce de four que j’ai grimpé plusieurs cols, qui ne proposaient souvent pas d’ombre. Pensez qu’il faisait près de 35 degrés aux Cols de l’Iseran et du Galibier, à près de 2700 m d’altitude !!! J’ai même dû abandonner l’ascension du Col de Vars où, après 3 km de montée, le thermomètre de mon compteur a affiché 40 degrés !
Une anecdote ?
Les tartes aux myrtilles ! Un ami m’avait conseillé de ne pas rater la tarte aux myrtilles que je pouvais déguster au Col de la Colombière… et en effet elle était bonne ! Puis le lendemain, j’ai renouvelé l’expérience avec une belle vue sur le Lac de Roselend… Puis au fil des étapes, c’est devenu un gimmick, une tarte aux myrtilles pour récompenser les efforts d’un cycliste heureux ! La meilleure ? Celle du Col du Lautaret, servie sur une ardoise accompagnée de chantilly et du nom du col écrit au sucre-glace ! Lors de la 6e étape, je n’ai pas pu avoir mon dessert préféré à Valberg (une gaufre à la place). Eh bien, étant en vacances à Nice, suite à la fin de mon voyage, j’y suis retourné quelques jours plus tard, en promenade pour en dénicher une. La boucle était bouclée !


