Elles-ils ont traversé les Alpes et elles-ils racontent...
Louis, présente toi...
Je m'appelle Louis, j'ai 29 ans et je suis passionné de vélo depuis tout petit quelque soit la discipline (route, vtt, piste).
J'ai commencé le vélo à 10 ans avec ma première licence FFC (Fédération Française de Cyclisme). J'ai progressé, pris du niveau d'année en année jusqu'à mes 18/19 ans où j'étais en niveau national, puis j'ai décidé d'arrêter, je trouvais les entraînements monotones, trop intenses...
7 ans après je me suis mis au triathlon longue distance et j'ai beaucoup apprécié le triple effort, notamment sur le ventouxman, le triathlon XL de l'alpe d'huez ou encore le fameux Alpsman !
Depuis 2 ans je pratique le Cyclisme ultra distance et je pense enfin avoir trouvé ce qui me plaît vraiment dans le monde du vélo.
Pourquoi ce projet ultra-distance ?
L'année dernière j'ai terminé la Race Across France 1100km et j'ai particulièrement aimé rouler dans les Alpes malgré la difficulté.
Ne pouvant faire cette année le grand parcours de la Race Across France (2400km), j'ai décidé de partir de Thonon les bains pour rallier Hendaye en passant par les Alpes et les Pyrénées en faisant la transition aussi à vélo (1750km avec 38000m de dénivelé en 9 jours).
Je tenais absolument à ce que mon parcours soit difficile et quoi de mieux que la route des grandes Alpes pour en prendre pleins les yeux ! (et les jambes haha)
Quel a été ton itinéraire sur la partie alpine de ton périple ?
J'ai suivi Route des Grandes Alpes® parce qu'elle emprunte quasiment toutes les routes les plus hautes des Alpes.
Départ de Thonon-les-bains pour rejoindre Les Gets, puis le col de la Colombière, puis le col des Aravis, le col des Saisies, le cormet de Roselend, l'Iseran, la double Télégraphe/Galibier, l'Izoard, le col de Vars, la cime de la Bonette, le col de saint Martin et le Col de Turini. Sur les 42 cols franchis durant mon ultra, 16 étaient dans les Alpes et pas des moindres puisque qu'il y en avait quelques uns au dessus de 2000m.
Je sais que sur cet itinéraire de Route des Grandes Alpes®, on peut soit passer par Barcelonnette pour faire le col de la cayolle et d'autres cols, mais je tenais absolument à franchir le col de la Bonette, La plus haute Route d'Europe. C'est pourquoi j'ai choisis de passer par ce merveilleux col :)
C'est un itinéraire mythique que ce soit pour les cyclistes ou les motards, alors il me semblait important de le faire.
Comment as-tu organisé ta logistique ?
Mes parents m'ont emmené à Thonon la veille du départ, ils m'ont suivis sur les 1750km et nous sommes rentrés ensemble 9 jours après. Ils m'ont suivis parce que je souhaitais réaliser un documentaire sur mon périple, et ils ont fait un travail de dingue derrière la caméra !
Pour ma part, j'avais une sacoche de guidon avec ma tente 1 place (pas de duvet ni de tapis de sol) que j'utilisais bien sur pour me reposer, une petite sacoche sur le cadre pour y mettre papiers, argent masque, chambre à air etc, et une sacoche de selle où il y avait principalement les vêtements chauds et quelques autres affaires (câbles, barres céréales...).
Pour ce qui est des lumières, j'utilise des Lezyne, les 1300XL puissantes qui permettent de bien voir la nuit avec une grande autonomie.
Je n'avais pas pris énormément de nourriture, je m'arrêtais régulièrement dans les boulangeries (meilleures amies du cycliste qui a faim haha !). Je me nourrissais principalement de quiches, pizzas et viennoiseries.
Quel est ton tiercé de Cols ?
Les 3 cols que j'ai le plus appréciés sont l'Iseran, Vars et la Bonette
L'Iseran, que je connaissais déjà, est vraiment un endroit différent. Ambiance lunaire, paysages pierreux, froid, vent, long... mais un vrai bonheur quand on est au sommet :)
Dans le col de Vars, on sait que l'on change de région. La végétation n'est pas la même on voit bien qu'on se rapproche du sud. Les 3 derniers Km sont superbes avec des paysages très "verts" !
Mention spécial pour la Bonette, rien que de voir écrit 2802m sur le panneau au sommet, ça donne cette sensation que tout les efforts fournis auparavant sont oubliés. C'est un endroit calme, avec une vue imprenable sur les sommets alpins.
Souvenirs et anecdotes...
Meilleur souvenir :
J'ai beaucoup de bons souvenirs mais il y en a un qui sort clairement du lot. Le couché de soleil au sommet du col de la bonette ! MAGNIFIQUE ! En plus d'avoir une vue à 360° sur tout les sommets aux alentours, nous avons eu la chance de voir pleins de bouquetins, beaucoup de marmottes et un ciel rose orange sublime !
Anecdote :
A 1km du sommet du col de Vars, j'ai cassé la patte de dérailleur de mon Trek... Heureusement que mes parents étaient dans le coin pour m'emmener dans un shop de vélo sur Embrun qui avait la bonne patte de dérailleur pour mon vélo. Le fait de descendre au magasin, changement de la patte et remonter au col nous aura bien pris 2/3h dans l'après midi... Hélas ce sont les aléas des sports "mécaniques" mais sans ces petits problèmes ce serait trop facile n'est ce pas ? haha