Elles-ils ont traversé les Alpes et elles-ils racontent...
Laurent, peux tu te présenter ?
Je suis Laurent Chiabaut. J’ai 47 ans. Je dirige SUPAIR, l’un des leader de la fabrication de sellettes et voiles de parapente. J’habite Dingy-Saint-Clair, près d’Annecy. Je suis marié et papa de 3 enfants.
Pourquoi une traversée itinérante des Alpes ?
Pour retrouver ma famille en vacances à Cagnes-sur-Mer. Je me suis dit que c’était l’occasion ou jamais de satisfaire mon envie d'effort, en solitaire et en autonomie totale sur des routes que je ne connaissais pas bien.
Quel itinéraire et pourquoi ?
Le premier jour, j’ai quitté la maison très tôt. Après le col de Bluffy, je suis descendu vers le lac d’Annecy côté Talloires et j’ai suivi la piste cyclable, passant de la Haute-Savoie à la Savoie. À Albertville, j’ai continué en direction de la Maurienne, jusqu’à La Chambre. J’ai attaqué le Glandon (1924 m), puis je suis redescendu côté Isère sur Allemond et Bourg-d’Oisans, avant de grimper le Col d’Ornon (1360 m) où j’ai bivouaqué.
J1 : 189 km / 2900 m D+
Du Col d’Ornon je suis descendu à Entraigues et j’ai rejoint Corps, dans les Hautes-Alpes, par le Col de Parquetout (1382 m). Je suis arrivé à Gap par le Col Bayard (1250 m), puis j’ai roulé vers le lac de Serre-Ponçon. Depuis Espinasses, j’ai gagné Seyne et la Vallée de la Blanche dans les Alpes de Haute-Provence. J’ai franchi le Col de Maure (1346 m), puis rejoint Digne-les-Bains par Esclangon et ses superbes gorges. J’ai bivouaqué un peu plus loin à Chabrière, sur le quai de la gare du petit train qui relie Nice à Digne.
J2 : 191 km / 2500 m D+
Le dernier jour, j’ai pris la direction de Barrême et du col des Lèques (1147 m), avec une magnifique descente sur Castellane. De là j’ai rejoint Cagnes-sur-Mer par La Garde, Le Logis-du-Pin à la limite du Var et des Alpes-Maritimes, Gréolières, Andon, La Colle-sur-Loup.
J3 :120 km. 1300 D+
Total : 500 km tout rond / 6700 m D+ environ
Quelle organisation ? (bagages, nourriture, hébergement, transfert)
En autonomie totale, sauf pour la nourriture : je n’avais emmené que des barres et des pâtes de fruit. J’ai choisi le bivouac pour garder de la flexibilité sur mon itinéraire. Mon duvet était accroché dans une petite sacoche étanche de guidon. Sur mon vieux Time NRX je portais un bidon et une seconde sacoche sous la selle du vélo. Sur le dos, j’avais un sac à dos d’environ 5 kg, avec matelas de sol, un camelbak d’1,5 litre, un coupe-vent, une polaire et un change. En équipement spécifique vélo, j’ai emporté des jambières. J’oubliais, j’avais aussi un coussin gonflable !
Quel est ton tiercé des cols et pourquoi ?
Le Col du Glandon : parce que c’est un grand col, que c’est dur, que je ne l’avais jamais fait et qu'en haut c’est magnifique.
Le Col des Lèques : parce que la descente a été inoubliable.
Le Col de Parquetout : c’est court, c'est raide, c’est rigolo !
Quel est ton meilleur et ton pire souvenir ?
Le meilleur : la descente du Col des Lèques sur Castellane, avec une lumière rasante exceptionnelle.
Le pire, c’est indiscutablement la montée du Col Bayard au milieu des camions.
Une anecdote ?
Le bivouac sur un quai de gare, près de Digne… La rencontre d’une amie d’Annecy au détour d’une vallée lointaine...