Elles-ils ont traversé les Alpes et elles-ils racontent...
Louan, peux-tu te présenter ?
Je m'appelle Louan Gourdel, je suis originaire d'un village à côté de Rennes, en Bretagne. J'occupe actuellement mon temps à me former pour devenir chauffeur routier. Je me qualifierais comme un cycliste amateur et occasionnel qui aime enchainer les ascensions et cumulé du dénivelé sur son compteur. En effet, je n'aime pas vraiment le plat comme chez moi en Bretagne, je n'en pratique quasiment pas le reste de l'année ce qui m'attire ce sont les ascensions mythiques du Tour de France et la montagne en général.
Qu'est-ce qui t’as motivé à te lancer dans un voyage à vélo dans les Alpes ?
J'avais ce rêve en tête depuis un long moment d'effectuer la traversée des Alpes françaises par la mythique Route des Grandes Alpes®. Mais, je voulais me fixer un challenge supplémentaire et faire quelque chose d'inédit, en tentant de réaliser l'aller-retour ! (spoil : si vous lisez ce témoignage c'est que j'ai relevé le défi !)
Le challenge et le dépassement sont deux aspects moteurs dans ma vie, ils permettent de sortir de sa zone de confort et de casser la routine quotidienne. Au-delà de l'aspect sportif ce genre d'expérience permet de se révéler, d'affronter ses peurs et ressortir avec plus de confiance.
Quel itinéraire as-tu emprunté et pourquoi ?
J'ai emprunté l'itinéraire officiel et historique de Route des Grandes Alpes®, entre Thonon-les-Bains (Lac Léman) et Nice (Mer Méditerranée), en passant bien sûr par les cols les plus célèbres : Colombière, Iseran, Galibier, Izoard...En effectuant cette itinéraire aller-retour, j'ai totalisé 1500 kilomètres et plus de 36 000 mètres de dénivelé positif.
Comment as-tu organisé ton voyage ?
Alors moi j’ai opté pour une organisation originale ! Chaque jour j'effectuais une étape aller-retour et chaque nuit je dormais dans ma voiture que j'ai spécialement aménagée pour y mettre un matelas et mon vélo, c'était comme la vie en van aménagé, sauf que moi j'étais en 307 aménagé.
Pendant trois semaines (20 étapes et une journée de repos), je prenais le départ d'une étape pour monter au sommet d'un col, puis redescendre le versant opposé pour remonter et enfin redescendre à ma voiture. Je répétais la même chose tous les jours en débutant chaque étape depuis le point où j'avais fait demi-tour la veille.
Cette organisation m’évitait d'avoir à supporter le poids des bagages et d'avoir un minimum de confort pour avoir des nuits réparatrices.
Ton meilleur souvenir ? Et le pire ?
Un souvenir, qui sur le moment était l'un des pires moments de mon aventure, mais qui est surtout avec le recul le plus marquant… Il s’agit de l’enchainement Télégraphe, Galibier dans un brouillard très épais et sous un crachin breton qui a suffit à me tremper.
En effet arrivé au sommet du Galibier j'étais trempé, je voyais à 10m maximum et il faisait 5°C (un 1er juillet en après-midi). La descente était très difficile avec la chaussée mouillée, le froid et le brouillard.
Je citerai dans mes meilleurs souvenirs l'ascension du Cormet de Roselend et du Col de l'Iseran pour leurs paysages grandioses.
Ton tiercé des cols ?
L'Iseran pour l'altitude, ses murs de neiges et sa préservation (surtout le versant sud).
Le Galibier pour le mythe du Tour de France.
L'Izoard pour ses pentes raides et aussi car c'est le premier que j'ai gravi quand j'avais 17 ans, en 2016.
Une anecdote à partager ?
Dès le premier jour, à la fin de la première étape en rentrant vers la voiture, j'ai bêtement chuté en freinant sur les bandes blanches d'un passage piéton mouillé par la pluie. Résultat, mon avant- bras droit presque entièrement écorché et la patte de dérailleur de mon vélo complètement tordu. Passage par la pharmacie pour effectuer les soins et acheter le nécessaire pour faire soigner mes blessures, concernant le vélo j'avais heureusement prévu une patte de dérailleur de rechange. Cette mésaventure n'a pas entaché mon objectif et ma détermination, le lendemain j'étais reparti.
Vous pouvez consulter un article paru dans Ouest France numérique avec ce lien : https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/2023-08-09/ce-cycliste-occasionnel-a-traverse-les-alpes-a-velo-en-solitaire-et-en-aller-retour-dfc2a634-2b30-4d3b-9cdc-24ff95a25566