Gérard Marion-Gallois

Gérard Marion-Gallois : St-Jean-de-Sixt – Menton

Elles-ils ont traversé les Alpes et elles-ils racontent…

Gérard, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Gérard. J’ai 52 ans, je suis marié, j’ai deux garçons et une fille. Nous vivons à Alex, tout près du col de Bluffy et du Lac d’Annecy. Je suis DG d’une PME qui distribue la marque Beurer en France (petit appareillage électronique dans les domaines de la santé, beauté et bien être).

 

 

 

 

Gérard Marion-Gallois

Pourquoi une traversée itinérante des Alpes ?

À la genèse de l’histoire, il y a un challenge entre amis sous l’impulsion d’Emmanuel, l’un d’entre nous, pour ses 50 ans. Au printemps, nous avons ainsi décidé de faire la Route des Grandes-Alpes à six, un petit groupe de copains entre 50 et 60 ans. On a commencé à s’entrainer en fonction de nos disponibilités. Nous sommes ainsi partis à la mi-septembre avec une préparation minimale mais suffisante : 1500 à 2000 km chacun, pas plus, mais avec un maximum de dénivelés !

Gérard Marion-Gallois

Quel itinéraire et pourquoi ?

Nous sommes partis de St-Jean-de-Sixt (74), dans les Aravis et six jours plus tard nous étions à Menton (06), avec des étapes d’environ 100 km pour 2500 m de D+ chaque jour. 

  • Jour 1 : St Jean de Sixt (74) – Séez (près de Bourg-St-Maurice, 73), 
  • Jour 2 : Séez – Aussois (en Haute-Maurienne Vanoise, 73).
  • Jour 3 : Aussois – Monêtier-les-Bains (le plus haut village de Serre-Chevalier, 05).
  • Jour 4 : Monêtier-les-Bains – Jausiers (en Ubaye, 04).
  • Jour 5 : Jausiers – Valdeblore (près du Col de la Colmiane, 06).
  • Jour 6 : arrivée à Menton (06).

Au final, 576 km et 13 698 m de D+

Gérard Marion-Gallois

Quelle organisation (bagages, nourriture, hébergement, transfert) ?

Pour la sécurité et le voyage retour, nous avons loué un petit fourgon de neuf places et le club cyclo de Thônes nous a prêté une remorque à vélo. Deux personnes de notre entourage ont fait les chauffeurs et accompagnateurs, ce qui fait qu’on était huit sur la ligne de départ : six à vélo (David, Emmanuel, Hervé, Jean-Marc, Samuel et moi-même) et deux dans le véhicule (François et Lionel).


Le soir, nous logions dans des gites en demi-pension et le midi on mangeait au restaurant sur notre itinéraire, sauf une fois où nous avons pique-niqué profitant du soleil. Nous avons toujours été très bien accueillis.


Côté vélo, j’avais un Trek Domane SL en carbone avec freins à disque, pédalier compact et des gros pneus 32mm, un peu comme en gravel. Mes compagnons de route avaient des vélos de route plus classiques avec freins patins. Chacun ne portait qu’une petite sacoche de guidon. 
Nous avions également emmené un « mulet », un vélo de rechange en cas de besoin mais il n’a heureusement pas servi. Ce qui est incroyable, c’est qu’à six nous n’avons eu aucun problème mécanique, pas même une crevaison ! Pas de pépin physique non plus. On était plusieurs à se demander si on arriverait à enchaîner jour après jour et là aussi ça s’est bien passé. Les niveaux étaient différents, mais nous nous attendions en haut et en bas des cols. 


Heureusement qu’on avait le fourgon. Nous sommes partis le 19 septembre et il pleuvait des seaux d’eau. En haut du Cormet de Roselend, il faisait 5 degrés, un vent de folie, on avait la barre sur le front… Grâce à notre véhicule d’assistance, nous avons pu nous changer et remettre des vêtements chauds avant la descente. Les deux premiers jours ont été terribles avec de la neige en haut du col de l’Iseran. J’avais le bonnet sous le casque, des jambières, des sous-vêtement chauds, une polaire, des gros gants… Heureusement, à partir du troisième jour le beau temps est revenu, malgré des petits matins frisquets entre 5 et 10 degrés.


A Monêtier-les-Bains, nous avons pu profiter en fin de journée de 2 heures aux Grands Bains avec ses sources d’eau chaude : excellent pour la récupération et la détente à mi-parcours !

Gérard Marion-Gallois

Quel est ton tiercé des cols et pourquoi ?

En un la Bonnette, parce que c’est le plus haut, qu’il est magnifique, agréable à monter, qu’après la cime, il y a ce promontoire avec la table d’orientation et cette vue à 360°…
En deux, le Galibier, que je grimpais pour la troisième fois et que j’adore, surtout dans sa seconde partie avec les épingles. 
En trois, je mettrais ex-aequo le Cormet de Roselend et l’Iseran, malgré les conditions météo incroyablement compliquées que nous y avons rencontrées. 

Gérard Marion-Gallois

Quel est ton meilleur et ton pire souvenir ?

C’était une superbe aventure humaine et cela restera le meilleur de tous les souvenirs. Mais il y a tellement d’autres belles choses : le sifflement des marmottes dans les cols, le passage du col de Turini et la bascule dans le monde méditerranéen, la baignade à Menton et le champagne sur la plage… Il y a eu des moments poignants aussi, comme la traversée de St-Martin-Vésubie, un an après le drame. 
Mon pire souvenir, ce sont les descentes ! Je ne suis pas descendeur et j’ai peur. Pour la descente de l’Iseran avec la neige, s’il n’y avait pas eu l’effet groupe je serais sans doute monté dans le fourgon. 

Une anecdote ?

Des rencontres surtout ! À Val d’Isère et dans l’Iseran, un cycliste de 74 ans tout seul en provenance de Strasbourg. Dans l’Izoard un Belge de 80 ans, sans casque, avec 6 kg de sacoches, parti seul de Châtel pour Menton…