Début juillet, Loubna Freih et Nathalie Monnier se lanceront sur la Route des Grandes Alpes avec un objectif clair : établir une première référence féminine en duo sur cet itinéraire parmi les plus exigeants au monde. Au-delà de la performance, ce défi s’inscrit dans une dynamique plus large : contribuer au développement de l’Ultra au féminin. Pour y parvenir, chaque détail compte. Aujourd’hui, le choix du vélo !
« Avec un vélo, c’est un peu comme en amour : soit ça fonctionne tout de suite, soit ça ne fonctionne jamais. »

Le Pinarello Dogma F, un vélo conçu pour la performance et le confort
À mesure que le projet de Nathalie et Loubna sur la Route des Grandes Alpes prenait forme, se posait la question du vélo. Car lorsqu’on envisage de traverser les Alpes en mode performance, le choix de la monture devient presque aussi stratégique que l’entraînement. Récit d’un coup de foudre à l’italienne…
Comment en êtes-vous arrivées à changer de vélos ?
Nathalie :
Je crois que c’est un peu ma faute ! Je travaille depuis longtemps avec un atelier spécialisé dans le sur-mesure qui distribue surtout des marques italiennes. Au fil des années, j’ai roulé sur plusieurs modèles : Bianchi, Officine Mattio, Basso… Ils ont aussi toujours eu du Pinarello. C’est une marque que je trouve magnifique, mais on m’a souvent dit que ce n’était pas forcément le meilleur choix pour grimper.
Quand leur nouveau modèle (le Dogma F) est sorti, j’ai commencé à regarder ça de plus près. Il est annoncé comme plus léger, très réactif, et je me suis dit : pourquoi ne pas essayer ? J’avais aussi envie d’un vélo différent de mon Basso, qui est très typé grimpeur.
Au départ, ce vélo n’était pourtant pas destiné à la Route des Grandes Alpes…
Exactement. Au début, j’avais même dit à Loubna que je ne prendrais sûrement pas ce vélo pour la traversée. Je pensais qu’il serait trop exigeant dans les longues ascensions alpines. Mais dès que je l’ai essayé… tout a changé.
Loubna, comment t’es-tu retrouvée avec le même vélo ?
Cela s’est fait très spontanément. Je fréquente le même atelier que Nathalie, et le vélo venait tout juste d’arriver. Avec nos gabarits – Nathalie mesure 1,61 m, moi 1,64 m, pour environ 50 à 52 kilos – on trouve plus facilement les tailles disponibles.
Le timing était parfait : le lendemain, je partais à Lanzarote pour un camp d’entraînement de triathlon. Je me suis dit : c’est l’occasion idéale pour tester. Et là…
Et là ?
Avec un vélo, c’est un peu comme en amour : soit ça fonctionne tout de suite, soit ça ne fonctionne pas. On ne peut pas tricher. Et là, ça a marché immédiatement.
Résultat : nous roulons désormais toutes les deux sur des Pinarello Dogma F, de même taille… et interchangeables !

Nathalie et Loubna en pleine préparation sur leurs Pinarello Dogma F
Ce sont des vélos très personnalisés ?
Loubna :
Oui, forcément. Les cadres sont prêts et nous roulons déjà avec, mais il reste quelques ajustements. Par exemple, je dois encore changer la selle pour trouver la position parfaite.
Nathalie :
Nous avons également ajouté plusieurs composants haut-de-gamme : pédaliers carbone, roulement céramique, et surtout des roues Campagnolo optimisées en soufflerie pour être plus stables dans le vent. Le vélo complet tourne autour de 6,4 kilos, ce qui reste très léger pour un modèle aussi aérodynamique.
Après, il faut savoir s’arrêter ! Le problème quand on roule avec Nathalie et son mari Fabien, c’est qu’ils adorent chercher les gains marginaux : la pièce plus légère, le détail technique… On peut très vite tomber dans un trou budgétaire sans fond !
Finalement, que recherchez-vous dans un vélo pour un défi comme celui-ci ?
Nathalie :
La performance pure ne suffit pas. Sur une traversée aussi longue, ce qui compte vraiment, c’est l’efficacité globale. On cherche un vélo qui ne nous demande pas plus d’énergie qu’il ne nous en donne.
Loubna, tu as déjà testé ce vélo dans des conditions difficiles ?
Oui, à Lanzarote. Pendant dix jours, j’ai roulé dans un vent très fort, parfois vraiment violent. C’était un test grandeur nature. Et maintenant, je peux dire que je suis prête pour les conditions venteuses !
En conclusion ?
Dans les pentes très raides, ce n’est peut-être pas le vélo le plus radical pour grimper, comme certains modèles ultralégers. Mais il relance très bien et il est extrêmement confortable. Et pour une aventure comme la nôtre, c’est exactement ce qu’il faut.