Début juillet, Loubna Freih et Nathalie Monnier se lanceront sur la Route des Grandes Alpes avec un objectif clair : établir une première référence féminine en duo sur cet itinéraire parmi les plus exigeants au monde. Au-delà de la performance, ce défi s’inscrit dans une dynamique plus large : contribuer au développement de l’Ultra au féminin. Pour y parvenir, chaque détail compte. Aujourd’hui, focus sur la préparation hivernale…

Loubna Freih en pleine préparation multisport
« C’est aussi ça la préparation : accepter que le corps ne réponde pas toujours comme prévu. Sur des projets longs comme le nôtre, il faut savoir s’adapter. »
Plusieurs mois avant de défier la Route des Grandes Alpes
Nathalie et Loubna ont construit patiemment la base physique qui leur permettra d’affronter les kilomètres et les grands cols alpins. Entre ski, vélo, natation et longues sorties d’endurance, chacune avance avec sa méthode… mais avec un même objectif : être prêtes le jour du départ.
Comment avez-vous organisé votre préparation ?
Loubna :
Je reste très attachée à une approche multisport. Le triathlon fait toujours partie de mon équilibre. Quand je suis en camp d’entraînement, je nage tous les jours. Cela permet de travailler l’endurance tout en variant les efforts.
Nathalie :
De mon côté, l’hiver a été assez classique. En janvier, on a fait ce que la météo nous permettait : du ski de fond, du ski de randonnée et un peu de vélo. J’ai vraiment besoin d’être dehors pour me sentir bien. Même si les séances sont parfois moins structurées, l’important est de continuer à accumuler du temps d’effort.

Nathalie Monnier en pleine séance de ski de fond
Le début d’année n’a pas été simple pour toi, Loubna ?
Loubna :
Oui, j’ai été malade pendant plusieurs semaines en janvier. Chaque fois que je tentais de reprendre l’entraînement, surtout à ski, je retombais malade. À un moment j’ai compris qu’il fallait arrêter de vouloir suivre un plan strict et simplement écouter mon corps. J’ai levé le pied pendant presque trois semaines.
Nathalie :
C’est aussi ça la préparation : accepter que le corps ne réponde pas toujours comme prévu. Sur des projets longs comme le nôtre, il faut savoir s’adapter.
Comment avez-vous relancé la machine ensuite ?
Loubna :
Très progressivement. Je suis partie dix jours dans les Pyrénées pour faire du ski. Les conditions étaient difficiles, avec beaucoup de vent et une neige compliquée, mais cela m’a permis de remettre de l’endurance tranquillement. Ensuite, je suis rentrée très brièvement avant de repartir à Lanzarote pour un camp de triathlon à la fin février.
Nathalie :
Pendant ce temps-là, nous sommes partis aux Canaries avec mon mari pour un gros bloc de vélo. L’objectif était simple : accumuler du volume.

Loubna Freih en camp d'entraînement à Lanzarote
Un bloc d’entraînement assez impressionnant…
Nathalie :
Oui, en dix jours nous avons roulé environ 1000 kilomètres pour 24 à 25 000 mètres de dénivelé. C’était essentiellement du foncier, avec peu d’intensité. L’idée était vraiment de construire la base d’endurance.
Loubna :
C’est exactement ce qu’il faut à ce moment de la saison : du temps sur le vélo, sans forcément chercher la performance à chaque sortie.
Vous avez ensuite repris un travail plus structuré ?
Nathalie :
Oui. Nous avons fait un test d’effort en laboratoire avec notre coach pour recalibrer toutes les zones d’entraînement. On mesure notamment l’oxygène et le lactate pour être très précis. Comme souvent après l’hiver, la VO2 max a un peu baissé, ce qui est normal. En revanche, les seuils sont restés stables. On sait donc exactement sur quoi travailler.
Loubna :
Je suis retournée chez mon ancien coach pour la préparation vélo de ce défi. Il me donne du spécifique (intermittent, force et changement de cadence : 3 entraînements ciblés par semaine) que je fais principalement sur home-trainer, en plus du reste qui est principalement du foncier en alpinisme et natation.

Nathalie Monnier en séance vélo aux Canaries
Quelles sont les prochaines étapes pour vous ?
Loubna :
La priorité pour moi, c’est la Patrouille des Glaciers, mi-avril. Je la cours avec mes deux coéquipières, qui sont de vraies spécialistes du ski-alpinisme*. Après cette course, je repartirai probablement au soleil pour une semaine de vélo afin de continuer à construire l’endurance.
*Loubna a terminé première (catégorie Dames III) et troisième (catégorie Dames scratch).
Nathalie :
Et là, on commencera à se rapprocher vraiment de notre objectif. Les séances vont devenir plus spécifiques vélo.
Le vélo va donc progressivement devenir central dans votre préparation ?
Loubna :
Oui. Je resterai multisport parce que cela fait partie de mon équilibre. Je garderai un peu de natation et de course à pied, mais le vélo va devenir la discipline principale.
Nathalie :
Et l’idée sera d’augmenter progressivement la qualité des séances, sans perdre tout le travail d’endurance accumulé pendant l’hiver.