Nathalie Loubna
29 juin 2026

"J'ai envie de découvrir cette partie de moi que je ne connais pas encore !"

Le compte à rebours est lancé. Mercredi 1er juillet, à 4 heures du matin, Nathalie et Loubna quitteront Thonon-les-Bains pour tenter d'établir une première marque féminine en duo sur la Route des Grandes Alpes. Rencontre croisée dans les derniers instants avant le grand saut.

 

Dans quel état d'esprit êtes-vous à quelques jours du départ ?

Nathalie : C’est le calme avant la tempête. Tout est prêt. On est dans les starting-blocks. Depuis dimanche, on ne fait plus que de petites sorties, jamais plus de deux heures de vélo. Et les trois derniers jours, c'est repos complet. L'objectif est d'arriver avec un maximum de fraîcheur.

Loubna : Il me reste encore une journée pour régler les derniers détails : les chargeurs, les prises françaises, toutes ces petites choses auxquelles il faut penser avant un projet comme celui-là. Ensuite, je vais vraiment déconnecter. Si je sens un peu de stress monter, je fais de la méditation et beaucoup de visualisation. J'essaie d'imaginer ce que je vais ressentir après douze heures de vélo…

 

On imagine facilement l'entraînement. On pense moins à toute la logistique ?

Nathalie : Mardi, nous allons récupérer un van Mercedes qui sera notre base arrière. Derrière trois sièges avant, l’arrière du véhicule sera transformé en mini atelier roulant avec une grosse caisse à outils, deux jeux de roues pour chacune…

L’organisation repose sur deux accompagnatrices, Valérie et Constanze. Elles ne nous suivront pas en permanence. Nous avons construit une « time line » très précise avec des points de rendez-vous toutes les deux ou trois heures pour les ravitaillements. Si, entre temps, nous avons de petits problèmes mécaniques, nous sommes capables de les gérer seules.

Loubna :

Il y a une belle histoire humaine derrière cette équipe. D’abord, je voudrais souligner que Nathalie a fait un travail de préparation incroyable. Ensuite, Constanze est une amie d'enfance que je connais depuis que nous avons huit ans. Elle m'a déjà accompagnée sur plusieurs Ironman. Avec un groupe de copines, elles se relaient régulièrement pour venir me soutenir en compétition. Elles savent exactement quoi dire au bon moment !

Valérie est une amie plus récente. Avec Constanze elles ne se connaissent pas encore, mais elles sont très complémentaires : l'une est plus posée, l'autre adore les festivals, les voyages et profiter de la vie. Je suis certaine que cela va très bien fonctionner.

 

Vous ne serez pourtant pas seulement quatre ?

Nathalie : Non ! Mon mari, Fabien, sera lui aussi de l'aventure. Mais il ne fera pas partie de notre assistance. Il reliera lui aussi Thonon à Nice, à VTT, en suivant son propre itinéraire. Nous nous croiserons sans doute de temps en temps, mais chacun vivra son aventure.

Comment prépare-t-on une aventure de plusieurs jours sur le vélo ?

 

Nathalie : Avec ce qu’on emmène, on pourrait nourrir un village... Nous avons un carton entier de nutrition sportive et chacune dispose aussi de sa caisse personnelle avec ses aliments « réconfort » : Haribo, madeleines, Snickers, Tuc... Tout ce qui peut faire du bien au moral. Notre objectif est d'absorber environ 350 grammes de glucides entre deux ravitaillements.

Les repas sont eux aussi planifiés : une pause d'une trentaine de minutes à midi, un vrai repas avant de repartir une ou deux heures le soir, pizza ou plat de pâtes. Les nuits seront très courtes, entre 23h et 3h / 3h30 du matin. Au réveil, tout sera prêt dans un petit sac : le maillot propre, le vélo, un premier petit-déjeuner léger à base de petits pains aux pépites de chocolat. On prendra un deuxième petit-déjeuner plus consistant sur la route.

 

Loubna : Pour moi, il y a une petite contrainte supplémentaire : je mange sans gluten. J'emporte donc mon propre pain, mes crackers... C'est un peu plus compliqué lorsqu'on compte sur les boulangeries. Et je sais déjà qu'au fil de l'effort, j'aurai surtout envie de manger salé.

 

Votre feuille de route est totalement arrêtée ?

 

Nathalie : Pas complètement. La première nuit devrait nous conduire à Bourg-Saint-Maurice. Ensuite, plusieurs scénarios restent possibles selon notre rythme pour la seconde nuit : hôtel à Cervières ou Arvieux, puis dernière nuit à Saint-Sauveur-sur-Tinée ou Valdeblore. Si tout se déroule comme prévu, nous espérons rejoindre Nice le samedi entre 11 heures et 17 heures.

La météo devrait être plutôt clémente. Nous pourrions simplement avoir quelques gouttes mercredi matin et des températures fraîches en altitude.

 

Qu'est-ce qui vous habite le plus aujourd'hui ?

 

Loubna : Une immense excitation. Je sens que cette aventure va être magnifique. Je vais la vivre avec Nathalie et avec mes amies. J'aime les sensations fortes, j'ai hâte de voir les levers et les couchers de soleil dans les Alpes. Je n'ai jamais roulé de nuit. Je n'ai jamais parcouru une telle distance d'une seule traite. J'ai envie de découvrir une partie de moi que je ne connais pas encore…

Et puis, plus le départ approche, plus je reçois des messages d'encouragement. Une amie de Val-d'Isère viendra même monter l'Iseran avec nous. Je sens que cette aventure dépasse déjà notre simple défi sportif. Elle devient une belle histoire de partage entre femmes.

Au fond, c'est aussi pour cela que j'ai proposé ce projet à Nath qui m’a dit « oui » en quelques secondes.